Une trentaine de blogueurs et bloggeuses centrafricains participent, depuis ce mercredi 19 août 2026 à Bangui, à un atelier de deux jours consacré à la gestion des informations humanitaires à l’ère de l’intelligence artificielle. Organisée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), cette formation met l’accent sur les responsabilités des blogueurs et influenceurs face à la désinformation.
L’intelligence artificielle transforme rapidement les pratiques de production, de traitement et de diffusion de l’information. Dans le domaine humanitaire, ces évolutions offrent de nouvelles possibilités, mais soulèvent également d’importants défis liés à la fiabilité des contenus, à la protection des personnes affectées par les crises et au respect de leur dignité.
C’est dans ce contexte que le CICR réunit des acteurs du numérique autour du thème : « La gestion des informations humanitaires à l’ère de l’intelligence artificielle : défis et responsabilités des blogueurs et influenceurs ».

Des blogueurs appelés à renforcer leur responsabilité
Au cours de l’atelier, plusieurs thématiques sont abordées, notamment le rôle des blogueurs dans la prévention et la lutte contre la désinformation, le respect de la dignité, de la vie privée et de l’image des victimes, ainsi que les enjeux liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la production de contenus humanitaires.
À l’ouverture des travaux, le président de l’Association des Blogueurs Centrafricains (ABCA), M. Odilon Doundembi, a salué l’initiative du CICR et insisté sur la responsabilité des créateurs de contenus.

«L’intelligence artificielle transforme profondément notre manière de produire, de partager et de consommer l’information. Elle constitue une formidable opportunité, mais elle nous impose également de nouvelles responsabilités, particulièrement dans le domaine humanitaire », a-t-il déclaré.
Il a notamment appelé les blogueurs et influenceurs à vérifier les informations, respecter la dignité des personnes et préserver leur confidentialité lorsque cela est nécessaire.
Le CICR mise sur une information humanitaire saine
Prenant la parole à son tour, M. Kelnor PANGLUNGTSHANG, Chef de la délégation du CICR, a encouragé les participants à profiter pleinement de cette formation pour améliorer leurs pratiques et promouvoir une information humanitaire saine, fiable et responsable.
Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la vigilance face à la désinformation, notamment dans un environnement numérique où l’intelligence artificielle facilite la création et la diffusion rapide de contenus.
Pour le CICR, le développement de pratiques responsables chez les blogueurs et influenceurs peut contribuer à mieux informer les communautés et à soutenir l’action humanitaire.
L’ABCA souhaite inscrire la collaboration dans la durée
Le président de l’ABCA a également exprimé le souhait de voir cette initiative ouvrir la voie à une collaboration plus durable avec le CICR.
L’association dispose de compétences dans plusieurs domaines, notamment le blogging, la production audiovisuelle, la photographie, la communication digitale, la gestion des réseaux sociaux, le fact-checking et la cybersécurité.
«Nous souhaitons donc passer progressivement d’une collaboration ponctuelle à une relation de partenariat fondée sur la confiance, les compétences et des objectifs communs », a-t-il souligné.
Cette volonté pourrait notamment se concrétiser autour de prochaines initiatives de l’ABCA. L’association organisera le 5 septembre 2026 la célébration de la Journée internationale du blogging, couplée à son Assemblée générale ordinaire. Le président de l’ABCA a souhaité pouvoir compter sur la participation et l’expertise du CICR à cette occasion.
Pour une communication numérique au service des communautés
Pendant deux jours, les participants sont ainsi invités à partager leurs expériences, renforcer leurs compétences et réfléchir aux bonnes pratiques en matière d’information humanitaire.
À travers cette initiative, le CICR et l’ABCA entendent contribuer à un environnement numérique plus responsable, où la recherche de l’information fiable, le respect des personnes et la lutte contre la désinformation occupent une place centrale.
À l’ère de l’intelligence artificielle, la rapidité de diffusion de l’information ne doit pas se faire au détriment de sa fiabilité, de son éthique et de son utilité pour les communautés.
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