Bangui explore l’avenir numérique : Vers une République Centrafricaine connectée et compétitive

Du 9 au 11 avril 2025, Bangui a accueilli une mission d’étude inédite consacrée à l’évaluation des possibilités de paiements numériques et de commerce électronique dans le cadre du projet Soutien aux paiements numériques et politiques de e-commerce pour le commerce transfrontalier (IDECT). Cette rencontre, organisée dans la salle de réunion du centre numérique de la fibre optique à l’Université de Bangui, marque une étape importante dans la transition numérique de la République Centrafricaine.

Un événement stratégique sous de hautes autorités

Placé sous la présidence de Monsieur Gauthier GUEZEWANE, Chargé de Mission de l’Économie Numérique et des Infrastructures Électroniques, représentant le Ministre de l’Économie Numérique, cet événement a mobilisé plusieurs figures clés du secteur public :

  • Junior Thibaut Herbert TEKPE, Chargé de Mission des Affaires Juridiques
  • Christophe KAYA DE-KIMIKA, Directeur Général de l’Économie Numérique
  • Bayard Lebref LOUA, Directeur des Affaires Juridiques et du Contentieux

Deux interventions majeures ont ponctué la cérémonie d’ouverture : celle de Monsieur Olivier TWAGIRAYEZU, représentant le Directeur Général de Smart Africa, et celle de Monsieur Gauthier GUEZEWANE, réaffirmant l’engagement du gouvernement à promouvoir une économie numérique inclusive et durable.

M. Gauthier Guezewane (au milieu) en compagnie de MM Olivier TWAGIRAYEZU (droite) et Junior Thibaut Herbert TEKPE

Smart Africa, un levier panafricain pour l’innovation

Smart Africa, basée à Kigali, est une initiative continentale née en 2013 et soutenue par plus de 30 États africains. Elle ambitionne de bâtir un marché numérique unique, favorisant la connectivité, la régulation harmonisée, l’innovation, l’inclusion financière et l’économie numérique. À travers des projets comme la Smart Africa Digital Academy ou le réseau unique africain, elle joue un rôle déterminant dans la transformation digitale du continent.

Des données rares, mais un potentiel immense

En République Centrafricaine, l’accès aux données reste très limité. Peu d’informations sont disponibles sur :

  • les abonnements mobiles,
  • l’utilisation des paiements numériques,
  • l’accès à Internet, encore trop cher et peu performant.

Sur le plan de la facilitation des échanges commerciaux, la RCA ne dispose que d’un traitement avant l’arrivée sans automatisation informatique ni systèmes de paiement électronique intégrés.

Défis majeurs et recommandations structurantes

L’étude de Smart Africa a mis en lumière plusieurs domaines critiques à améliorer :

  • Le développement d’une infrastructure TIC de base fiable
  • L’accélération de la pénétration des paiements numériques
  • L’automatisation des procédures commerciales, essentielle à la compétitivité

Des recommandations préliminaires ont été formulées pour validation :

  • Élaborer des politiques nationales fondamentales sur l’infrastructure TIC et les paiements électroniques
  • Mettre en place des cadres réglementaires favorisant l’inclusion numérique
  • Renforcer les capacités de base en matière d’automatisation du commerce

Une mobilisation nationale porteuse d’espoir

Notre start-up Digita236, dédiée à l’innovation et à la transformation digitale, a eu l’honneur de participer à ces échanges. Ce moment d’évaluation et de concertation nationale est porteur d’un message clair : la transformation numérique n’est plus une option, mais une nécessité stratégique.

Alors que les populations aspirent à de meilleures conditions de vie et que le temps file, une question cruciale reste en suspens : les efforts actuels sont-ils à la hauteur des enjeux ?

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