Centrafricain, ce peuple si résilient face à la guerre, jusqu’où cela pourrait mener ?
Samedi 16 Janvier 2021, j’ai décidé de briser mon auto confinement afin de me rendre à l’évidence des conditions de vie du peuple centrafricain au moment de cette crise.
Depuis quelques années, les moto taxis ont décrété le requiem des taxis de commerce et des auto bus. Cependant, depuis le dernier assaut des hommes de la CPC contre la capitale, une mesure sans appel a été mise en place interdisant aux moto taxis de circuler. Et donc, comme tout centrafricain moyen, j’ai emprunté un transport en commun afin d’arpenter les différents coins de Bangui. Si vite, je me rends compte que le taxi que je payais jadis à 150 FCFA passe à 250 FCFA le trajet.
Sur les marchés, le prix des denrées alimentaires est somptueux. Les commerçants fixent les prix au grand dam des consommateurs qui vivent en deçà d’1 dollars américain. A titre d’exemple, le morceau de savon qui se vendait jadis à 150 F passe à 250 F.
Le manioc, aliment de base des centrafricains ne se paie plus à 2500 F la cuvette. 3000 F désormais que crois tu ? Que dire des poissons fumés, du poulet congelé dont les étrangers en tirent les meilleurs bénéfices ? En tout cas, ayant tendu mon micro, une femme de ménage me fait savoir que 3000 F pour une cuisine est désormais pour Bangui une gouttelette d’eau dans la mer.
J’aime le luxe moi, m’arrêtant dans un petit cabaret, on me fait comprendre que mon jus pamplemousse fabriqué par l’unique brasserie du pays se paie à 500 F au lieu de 350 F. Ça se passe bien dans un petit coin du 5e arrondissement.
Larmes ruisselant mon cœur pour rentrer, j’ai compris que vivre dans ce pays est un exploit, car, en réalité le bas peuple survit. D’où vient cette résilience en période de guerre ? Car je vois du moins le peuple danser le mambo bien qu’on entend les bruits des bottes et la psychose qui gagne les cœurs fait dire que demain ne sera pas meilleur.
Marquons l’arrêt pour donner la chance…
Wilson NGASSAN



Un commentaire sur “Flambée de prix des produits de première nécessité à Bangui [Témoignage]”