Les vœux du Me Crépin Mboli-Goumba, candidat à la présidentielle de 2020 en Centrafrique

J’ai choisi de m’adresser aujourd’hui à vous, conscient que demain, peut-être, faute d’Internet, d’électricité, je ne puisse le faire.


Mes chers Compatriotes,
Je m’adresse à vous, le cœur plein de tristesse pour notre pays. Je suis allé à la rencontre du pays réel, en parcourant cet immense territoire qui est nôtre. Ce que j’y ai découvert désormais hante mes nuits et me sert de moteur. J’ai vu des compatriotes se nourrissant de racines, vivant dans la boue, considérant la mort comme une délivrance. J’ai vu des enfants, en haillons, aux yeux hagards, ventre balloné, malnutris. Au-delà du désespoir, c’est la désespérance que j’ai lue dans leurs regards. Et la description qui en est faite dans les correspondances que ce peuple abandonné m’a remises est ma lecture constante. Comme j’aimerais y remédier prestement!


C’est mu par ce désir de servir que je me suis présenté au suffrage du souverain primaire. Nous avions un choix à faire entre céder aux oukazes des rebelles ou aller à ces élections. Nous avons choisi d’aller à ces élections, conscients que les conditions de sécurité n’étaient pas réunies. Même le minimum, promis par le Conseil de sécurité, à savoir la protection des acteurs politiques et de la population n’a pas été réuni. Dans ce brouhaha, considéré par le pouvoir comme un feu orange, synonyme de licence de frauder, les violations du Code électoral ont été nombreuses. Malgré cela, nous avons trois députés élus dès le premier tour, en attendant la validation par la Cour Constitutionnelle.
Je me suis présenté également pour la première fois à l’élection présidentielle. Tout porte à croire que je serai, peut-etre, dans le dernier carré. J’exprime ici toute ma gratitude au Peuple Centrafricain. Nous utiliserons les voies de droit pour contester.


Cependant, de graves défis se dressent devant nous. Je suis peiné de voir que ceux qui, pendant 5 ans ont eu la charge de l’Etat n’ont pas fait amende honorable. Ils ne doutent de rien, n’assenant que des certitudes. Comment sauront-ils, afin de corriger, puisqu’il est admis que le doute est le chemin du savoir.
Vu la situation sans précédent dans laquelle se trouve notre pays, celui qui occupera le fauteuil présidentiel ne devra pas considérer ce fauteuil comme un cadeau. Il devra faire montre de fermeté, reconstruire enfin l’armée.
Et s’occuper du Peuple Centrafricain.
Mais je n’ai pas que la tristesse dans le cœur. J’ai un sentiment de soulagement, du fait de l’espérance née de l’action de milliers de personnes qui se reconnaissent dans le Patrie. Je salue les sacrifices de tant d’hommes et de femmes qui se sont engagés pour frayer ce chemin. Nous en ferons un boulevard, dans le cœur des Centrafricains. Ce que nous avons entamé ne s’arrêtera pas.
Vive la République!

Maitre Crépin Mboli-Goumba, Président fondateur du PATRIE, candidat à l’élection présidentielle de 2020 en Centrafrique.

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